Yuka ne s’est pas imposée par hasard. Développée par la société Yuca SAS, cette application a rapidement trouvé écho auprès des consommateurs soucieux de mieux comprendre ce qu’ils mettent dans leur assiette, ou sur leur peau. En quelques années, Yuka s’est installée comme un réflexe pour décrypter les étiquettes, au point de devenir une référence pour la vérification des étiquettes des produits. Mais derrière cette popularité, que valent vraiment ses évaluations ? Son algorithme tient-il la route face à la complexité des produits industriels ? Tour d’horizon des forces et des faiblesses d’un outil qui ne laisse personne indifférent.
Principe de fonctionnement de l’application Yuka
À chaque scan, l’application attribue une note sur 100 à chaque produit, en s’appuyant sur trois grands axes. Voici comment se répartit cette évaluation :
- La qualité nutritionnelle, qui pèse pour 60 points, repose sur la teneur en sucres, graisses, sel, protéines, fibres…
- La présence d’additifs et leur danger potentiel, notée sur 30, est signalée par un code couleur : jaune pour un risque jugé faible, orange s’il est modéré, rouge en cas de danger élevé.
- La part biologique du produit entre pour 10 points dans la note finale.
Mais cette dimension « bio » pose question. Un produit estampillé biologique ne rime pas systématiquement avec bénéfice pour l’organisme. Le label dépend aussi des lois locales, et un article certifié sur un continent ne répondra pas forcément aux critères français. Sans parler de l’empreinte carbone liée à l’importation. Avant de remplir son panier, mieux vaut donc vérifier d’où vient le produit et, autant que possible, choisir du bio cultivé et transformé en France.
Analyse de l’algorithme de Yuka pour les produits agroalimentaires
Passons à la pratique avec les boissons sucrées. Prenez un soda classique comme Coca-Cola ou Sprite : la note plafonne à 20/100. En cause, un taux de sucre très élevé, mais aussi une longue liste d’additifs, exhausteurs de goût, agents de texture, conservateurs. Rien de surprenant. Pourtant, l’application réserve parfois des jugements discutables. L’Orangina, par exemple, s’en sort mieux. Mais cette évaluation est faussée : certains ingrédients, tels que le benzoate de potassium, passent tout simplement sous le radar parce que la base de données de Yuka ne les recense pas toujours.
Autre faille, et pas des moindres : l’application ne distingue pas un jus élaboré uniquement à partir de concentrés d’un jus 100% pur fruit. Résultat, un jus bon marché fabriqué à partir de concentrés récolte un 50/100, tandis qu’un pur jus de fruits peine à dépasser les 29/100. Un paradoxe qui brouille la notion même de qualité.
Analyse de l’algorithme de Yuka pour les produits de beauté
Dans l’univers des cosmétiques, Yuka examine les ingrédients un à un, sans prendre en compte les réactions potentielles entre eux. Pourtant, c’est bien l’association de certaines substances qui peut présenter un risque réel. Le silicone seul, par exemple, est rarement problématique. Mais multiplié et mélangé à d’autres composés au fil des utilisations, il peut finir par fragiliser la peau au fil du temps. Cette limite technique laisse de côté toute la complexité des formulations cosmétiques.
Notre avis sur la fiabilité de Yuka : faites preuve de bon sens !
L’engouement des utilisateurs pour Yuka ne sort pas de nulle part : l’application rend de fiers services pour éviter bien des pièges. Mais s’y fier aveuglément serait une erreur. Prendre le temps d’analyser soi-même les ingrédients reste indispensable.
Il arrive aussi que la base de données ne suive pas le rythme des changements industriels. Exemple concret : une célèbre marque de biscuits a récemment revu sa recette, supprimant une grande partie du sucre et plusieurs additifs. Sur le papier, la note aurait dû grimper à 75/100. Mais Yuka, non actualisée, affichait encore un 29/100, induisant les utilisateurs en erreur. Ce décalage rappelle qu’aucune application ne remplace une lecture attentive de l’étiquette.
Yuka se veut un allié, pas un oracle. À chacun de garder la main, d’interroger ce qu’il lit et de ne jamais renoncer à son esprit critique. Au bout du rayon, c’est toujours le regard du consommateur qui fait la différence.


